Page 10 - La bible Elipson 1938 - 2006
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Elipson 1938 - 2006

            De là le succès public était assuré avec des modèles comme la 402 et la
     4240 qui avaient une taille plus facilement acceptable dans un appartement.
     D’autant que M. Léon avait dû se laisser convaincre du bienfait pour l’entreprise   À suivre...
     de quelques « publicités » et communications avec la presse.

            Le dernier coup de génie de M. Gauglin et M. Léon fut la 1303 une
     colonne fine et musicale à l’inverse des standards de l’époque ; de gros boomer.
     Une enceinte magique qui pouvait rentrer chez Monsieur-Tout-Le-Monde avec
     une qualité acoustique exceptionnelle, un produit en accord avec les attentes
     du client du moment. La hifi n’était plus réservée au monde professionnel mais
     pouvait à présent rentrer chez les particuliers.


            Ce fut le projet de la discorde, il fut caché longtemps à l’ensemble de la
     société et des actionnaires car c’était une période de fortes tensions internes. La
     transformation d’une société parlant aux professionnelles à une société d’en-
     ceintes pour le plus grand nombre oblige une évolution de gestion qui ne fut
     pas du goût de Joseph Léon plus intéressé par la qualité acoustique que par le
     tableau de marge. Ces tensions mènent au départ de M. Léon en 1973 remplacé
     par M. Bonnet de la Tour.

            Les années 80 furent les montagnes russes, d’un côté l’expansion et de
     l’autre l’entrée dans le monde de la concurrence. L’expansion avec le développe-
     ment des colonnes grand public et l’entrée dans le monde électronique avec le
     lancement d’une ligne d’ampli. Entrer dans la hifi grand public c’est aussi entrer
     dans l’arène de la concurrence japonaise et des petits français qui grandissent
     comme JM Lab/Focal et Triangle.


            Mon regard sur cette période, aujourd’hui, me fait dire qu’Elipson s’est
     un peu endormi sur ses succès et n’a pas sû prendre le virage de l’export qui
     aurait pu développer la société à une taille bien différente. M. Bonnet de la Tour
     était satisfait de la taille de son entreprise ne cherchant pas à grossir à tout prix
     et cherchant à rester sur le marché qu’il maitrisait le marché français.


            Dans les années 90, il y eu le rebond grâce au home-cinéma qui offrit
     une bouffée d’oxygène avec des gammes complètes comme Hermès ou Ibis,
     mais parallèlement il y eu la chute due à deux soucis ; D’abord, le refus de
     travailler avec l’Asie sur l’entrée de gamme ce qui rendait les Elipson plus du
     tout compétitive et la perte d’un client majeur (une grande enseigne) qui leur
     assurait un minimum depuis quelques années.

            Le chant du cygne des années 2000 fut le retour au haut de gamme avec
     la gamme Millenium 4240/3230 qui eurent un grand succès d’estime et le suc-
     cès commercial de la gamme Prestige, mais tout ceci ne cachait pas les soucis
     de prix de revient du matériel 100% français et les soucis de distribution. Dans
     ces années Elipson déménage à Tiercé près d’Angers pour réduire les coûts de
     structure et de personnel.
            En 2006 ils tentent leur vatout avec un nouveau propriétaire sur la
     création d’une paire d’enceintes du nom de Planètes BT, de nouvelles sphères
     actives Bluetooth. Un produit grand public révolutionnaire pour l’époque :
     une sphère en résine faite en France, un haut-parleur SEAS, de l’électronique
     Parrot… Il y avait tout pour réussir sauf le public qui à l’époque n’était pas prêt
     pour la dématérialisation. C’était le début des iPhones et des smartphones... Un
     produit trop précurseur.

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